mardi 26 octobre 2010

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Nous ne pouvions évidemment pas faire autrement que de passer sur Twitter, en plus de ce blog...
Ça nous permettra de dire des bêtises plus souvent et plus facilement !
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@avnumerique

A bientôt

lundi 25 octobre 2010

Pourquoi tant de cassage de pipes chez les imprimeurs ?

Nous le savons tous, le métier de l'imprimerie pleure d'une manière générale, et ce depuis... longtemps. On peut donc légitimement se demander pourquoi et comment notre branche se retrouve dans une si mauvaise passe. Je vais ainsi tâcher d'apporter une modeste contribution au travers d'un petit billet "économisant".

Pour pouvoir comprendre l'évolution du métier, remontons dans le temps.
Jusqu'aux années 80 pour être précis. Avant cette période, l'imprimerie vivait un bel âge. L'imprimeur était encore quasiment un notable, du moins une personnalité.
Le métier était considéré comme noble, il procédait de la transmission de la pensée, de la culture, etc. Bref : un chouette type ! Les imprimeurs ne manquaient pas de boulot, la vie était belle.

Puis 2 événements majeurs se sont produits à la fin des années 80 :

1 - la loi de financement des partis politiques
2 - la guerre du golfe

Le rapport est évident ma bonne dame :

Pour la loi de financement, ce n'est un secret pour personne que jusque là, les partis avaient une comptabilité plus proche de la colossale plaisanterie que d'autre chose. Et tous ces braves politiques achetaient un peu tout et n'importe quoi à n'importe quel prix. Ils commandaient des affiches bleues, elles étaient livrées vertes, mais ce n'était pas grave, c'était joli aussi ! Le tout assorti de belles valises remplies de non moins jolis Pascals...

Et puis, crac ! Loi de financement. Et quand on sait le volume que représentent les élections, on imagine aisément que ca a fait mal à beaucoup d'imprimeurs.

Pour la guerre du Golfe, c'est encore plus simple : quel est le premier budget que l'on rogne en temps de crise (après la culture) ? La communication bien sur ! Et donc, par effet ricochet, le volume imprimé. Et repatatra pour les imprimeurs qui en ont énormément souffert.

On s'est donc retrouvé avec un volume d'achat considérablement tronqué, et le même nombre d'imprimeurs...

Évidemment, nous devons également prendre en compte l'évolution de la technologie.
Avec des conséquences aussi agréables au quotidien pour le métier, que dramatiques économiquement parlant pour les imprimeurs traditionnels.

L'informatique et l'automatisation des machines ont eu 2 effets principaux :

1- La vitesse de calage offset a drastiquement réduit, tout compris entre le temps de fabrication des plaques, et la première bonne feuille, on peut s'en sortir en 30 minutes pour 1 seule personne. Je ne pense pas me tromper en disant qu'il fallait 2 heures il y a 30 ans. Moralité : chaque machine imprime beaucoup plus qu'avant (ou disons du moins qu'elle est beaucoup plus disponible).

2- La vitesse de production a largement doublé en 15 ans. Moralité : une seule machine produit largement le triple de ce qu'elle produisait il y a 30 ans.

La capacité de travail a donc grosso modo triplé.

Enfin, ajoutons à cela la bien connue mondialisation et l'ouverture à des pays à fiscalités différentes des nôtres provoquant des écarts de prix mécaniques évidents. Comme chacun le sait, le polonais ou le chinois coûtent moins cher que le français.

On assiste donc à cet effet intéressant :
Moins de volume à traiter, des machines plus performantes, du travail qui part à l'étranger. Ça commence à faire beaucoup, non ?

Finalement, je voudrais rajouter un dernier élément plus pernicieux : le numérique.
Aujourd'hui il semble facile de devenir imprimeur. En effet, il n'y a rien de plus simple au premier abord que de faire tourner une presse numérique surtout à encres solides, ca ressemble ni plus ni moins à une grosse photocopieuse.
En plus de cela, ces machines sont bien moins coûteuses à l'achat que des presses offset (logique dans la mesure où les constructeurs se rattrapent sur les consommables). Mais elles sont donc plus simples à financer. Ce qui explique la prolifération des "imprimeurs numériques" qui sont imprimeurs comme je suis plombier zingueur... Mais j'y reviendrai de façon plus détaillée dans un prochain billet.

Moralité de cette petite démonstration :
Moins de volume à traiter, des machines plus performantes, du travail qui part à l'étranger et un peu n'importe s'improvisant imprimeur... Tout cela fait donc mécaniquement chuter le volume par par tête de pipe...

De tout cela je fais en plus abstraction de nos amis sur Internet, qui, à mon avis offrent une prestation très différente de celle d'un imprimeur traditionnel (mais sur ce point là, je reviendrai également).

Nous sommes donc aujourd'hui trop nombreux pour le travail à fournir, il n'est que logique que beaucoup tombent, malheureusement.

A bon entendeur ;)

samedi 23 octobre 2010

Comment calculer un devis

Le message juste en dessous de celui-ci vient de me donner envie de vous expliquer la vraie logique d'un devis et surtout de vous faire comprendre un peu les coûts cachés dans un prix.

Premièrement, tous les devis reposent théoriquement sur un principe immuable : calage / roule.

- Le calage est une somme qui doit grosso modo correspondre au temps passé pour régler la machine : colorimétrie, repérage, etc. La valeur d'un calage variera en fonction de sa complexité, il est ainsi plus simple de caler un job en noir seul qu'en quadri, du simple texte que des photos etc.

- La roule : il s'agit tout bonnement du temps passé à réaliser un travail. Nous connaissons la vitesse de production de nos machines, et nos coûts de consommables, nous rajoutons donc une valeur au temps passé sur le travail.

Ensuite, il faut toujours rajouter à cela tout un tas de petites variables très importantes : mode de conditionnement, type de papier, urgence de la livraison, etc.

Finalement, il faut prendre en compte la gâche ! Par gâche, on entend tout le papier (ou autre support) consommé pour régler la machine en couleur, en repérage, au rainage, etc. Attention car chaque opération (si si c'est vrai) consomme plus que la quantité que l'on veut au final.
Pour savoir appréhender la quantité de papier gâchée sur une opération, rien de mieux que l'expérience, sinon demander aux prestas dans la boucle peut également fonctionner. Une fois que l'on sait la quantifier, on procède dès lors à rebours (enfin c'est que l'on enseigne).

Façonnage + Surfacage + Autres opérations + Impression = X feuilles gâchées

Pour réaliser un boulot, on va donc prendre la quantité finale voulue à laquelle on rajoutera le X de gâche pour connaître le nombre de feuilles requises.

Lorsque l'on a ce nombre de feuilles on peut reprendre le calcul dans le bon sens et le dérouler, car on sait maintenant le temps que l'on va y passer.

Calage Impression - Roule Impression - Calage Surfacage - Roule Surfacage - Calage Façonnage - Roule Façonnage, etc.

A tout cela, nous allons encore (!) rajouter des coûts dont voici le détail :

- Les coûts de transport. Ceux ci sont considérables, il ne faut surtout pas les oublier. Il y a des transports à rajouter partout. Ainsi, on a un coût de transport pour aller au pelliculage, puis pour en revenir. Quand on sait qu'un simple transport à travers Paris coûte entre 50 et 100 € HT, comptez l'aller-retour au pelliculage, et une dorure à chaud pour bien faire (chez un autre presta évidemment) et le prix final vient de prendre 2 % juste à cause du transport.

- Les coûts de conditionnement. J'entends toujours dire que le carton ou les paquets thermos ça ne coute rien. Oui et Non. Oui car le montant est effectivement infime ramené à chaque travail. Non car les montants cumulés deviennent considérables pour nous si nous en faisons juste abstraction. Donc après on peut dire qu'on ne les compte pas pour les intégrer de manière détournée dans le prix, mais le résultat est le même.

Dernier point, il ne faut pas oublier les "frais techniques" pour les pièces à fabriquer ou acheter. Des films pour l'écran du vernis sélectif, un bloc pour une dorure, une plaque pour une taille-douce, etc.

Je reviendrai bientôt sur les différents modes de façonnage, ce qui me donnera l'occasion de vous reparler de calculs de coûts (particulièrement révélateur avec une plieuse).

En espérant que ce billet vous aidera dorénavant à mieux comprendre les logiques de prix. Mais chaque travail étant unique, les questions sont toujours les bienvenues ;)

Avenir Numérique recrute (à nouveau)

Nous avons au moins 1 poste à pourvoir très très vite.
Mais il y a 2 boulots potentiels différents.

1 - Producteur polyvalent

Une personne pour conduire les machines d'impression, faire un peu de faconnage, gérer les conditionnements, gestion des impositions, etc.
Pour ce poste, nous n'avons rien contre un débutant fraichement sorti de l'école.

2 - Fabricant / deviseur

En fait, je devrais dire surtout : DEVISEUR / fabricant.
Cad que ce qui nous importe c'est un deviseur compétent en offset !
Dans la mesure ou Avenir Numérique ne demande pas un devis à 15 imprimeurs pour prendre le moins cher, mais travaille sur des prix établis pour un an avec des prestas de confiance ; il faut pouvoir faire le prix pour eux.
Et pour se faire, il faut une très bonne connaissance du processus de calcul, et une grande rigueur pour ne pas ruiner la boite en faisant des devis trop bas à nos clients.
Ce qui revient à dire que nous voulons qqun avec de l'expérience !!!

A VOS CVs !

contact@avenirnumerique.fr

vendredi 15 octobre 2010

Culture Papier répond à M.E. Leclerc

Que voilà une bien belle lettre, je vous reproduis ici in extenso.
J'ai tellement peu apprécié la sortie de Leclerc que je me délecte de cette réponse bien écrite et construite.

Monsieur le Président,



J’ai pris connaissance de votre campagne nationale ‘2020: ZERO PROSPECTUS’ dans laquelle vous proposez notamment la suppression définitive des prospectus papier en 2020 distribués en boîte aux lettres.

Vous avez invoqué plusieurs motifs pour justifier cette opération : votre engagement dans la protection de l’environnement, dans la défense du pouvoir d’achat et dans le tout dématérialisé. Au nom de l’association Culture Papier, créée pour promouvoir les usages responsables du papier et de l’imprimé et que j’ai l’honneur de présider, nous nous réjouissons de vos engagements responsables mais, tels qu’ils sont développés dans votre campagne, les inexactitudes et paradoxes qu’ils impliquent nous amènent à nous interroger aujourd’hui.

En effet, malgré ces ambitions aussi vertes et vertueuses soient-elles (l’éco-conception des prospectus, leur recyclage lorsqu’ils sont rapportés en magasin, ainsi que le changement de comportements des citoyens), nous sommes stupéfaits de constater qu’un certain nombre d’idées simplistes sur le papier et sur l’imprimé publicitaire subsistent encore, constituant même les arguments fondateurs de la globalité de votre démarche de « consommation plus responsable auprès de vos clients ».

Je souhaite donc, tout d’abord, rétablir quelques vérités sur le papier et son mode de fabrication, car la persistance et la récurrence des arguments qui sont véhiculées dans votre campagne nuisent à l’établissement d’une information juste à laquelle les consommateurs ont droit, et sur laquelle ils doivent pouvoir compter pour exercer leurs choix.

* Le papier contribue à la préservation des forêts en France et en Europe : 500 000 hectares supplémentaires de forêts en France depuis 10 ans (source : ADEME 2008).
* Le papier est le seul support issu de ressources renouvelables, biodégradables et recyclables jusqu’à 5 fois. C’est également la matière la mieux recyclée en France ; 60% des papiers cartons sont recyclés en France. (Source : COPACEL 2006).
* La filière du papier et de l’imprimé est en pointe dans l’engagement environnemental avec une réduction de 80% des rejets dans l’eau en 20 ans de la part des papetiers, grâce aux investissements réalisés par cette filière dans des procédés industriels moins polluants (Source ADEME 2006).
* L’imprimé publicitaire et le catalogue sont des médias responsables, tant il est vrai que la filière graphique s’est mobilisée pour améliorer l’éco-conception des supports et des campagnes publicitaires.

Par ailleurs, si le consommateur souhaite recevoir dans sa boîte aux lettres ses prospectus, ce n’est pas sans raisons comme le montrent différentes études réalisées par l’ADEME (Source Ernst&Young) et TNS SOFRES.

* L’imprimé publicitaire dispose de qualités intrinsèques qui font de ce média un outil de communication efficace et apprécié de ses destinataires. Son caractère tangible offre en effet aux consommateurs la possibilité d’une conservation des informations, la possibilité de les relire et de les faire circuler au sein du foyer, possibilités qui sont sans égal dans la panoplie des vecteurs d’information de proximité disponibles.
* Les Français marquent d’ailleurs régulièrement leur attachement à ce média. Comme le montre une étude TNS Sofres à laquelle vous faites référence : 92 % des Français les lisent ou parcourent les imprimés publicitaires. 75 % des individus ont déclaré s’être déplacés en magasin dès réception d’imprimés publicitaires.
* De plus, l’imprimé publicitaire favorise le pouvoir d’achat du consommateur: toujours à la recherche d’informations, il peut ainsi évaluer les offres, prendre connaissance des promotions, comparer les prix, consommer de manière plus responsable...

C’est cet attachement des consommateurs aux imprimés reçus en boîte aux lettres qui explique que seuls 8% d’entre eux (source ADEME 2009) aient apposé l’autocollant STOP PUB sur leurs boîtes aux lettres, alors que 9 millions d’autocollants ont été diffusés lors des campagnes nationales du MEEDDAT en 2004 et 2006, que cet autocollant est disponible auprès de toutes les collectivités locales et que chacun peut même le concevoir à sa guise.

Enfin, votre campagne fait la part belle à une communication totalement dématérialisée, sous-entendant qu’elle serait plus pratique et moins polluante.

Pour votre information, les nouvelles technologies de l’information et de la communication représentent 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2010, soit l’équivalent du trafic aérien mondial. Cette pollution continuera d’augmenter pour atteindre 3% en 2020 (source Gartner). La dématérialisation non contrôlée est donc source de nombreux impacts sur l’environnement: utilisation de ressources non renouvelables, recyclages des unités fonctionnelles, production de déchets toxiques, …

Vous aurez sans aucun doute constaté, comme nous, l’impossibilité d’opposer un « stop e-pub » sur nos boîtes mails alors que nous sommes particulièrement agressés par les spams publicitaires.

Vous l’aurez compris, notre intention est de vous amener à considérer que le papier, loin d’être opposable au numérique, présente des atouts incontestables et irremplaçables en matière de communication de proximité, en soutien d’une politique de relation client forte, et que contrairement aux idées reçues la fabrication, l’exploitation et la consommation de cette matière première peut s’exercer de manière parfaitement respectueuse et respectable.

La communication est par nature multi-supports, multi-média et multi-canale. Opposer les médias les uns aux autres, chacun le sait et en tout premier lieu le grand professionnel de la communication que vous êtes, n’a donc aucun sens car c’est dans le mix média que chaque annonceur trouve les optimisations d’impact et d’efficacité.

Nous avons constaté, comme de très nombreux observateurs, que votre entreprise n’était positionnée qu’à la 33ème place du classement PAP 50 réalisé par le WWF (politique papier de 50 grands groupes français de mars à juin 2010). Nous sommes naturellement à votre disposition pour vous permettre de progresser dans ce classement, au moyen de décisions justes et fondées.

C’est pour toutes ces raisons, à la fois écologiques, économiques, sociales et sociétales, que je vous propose une rencontre au cours de laquelle nous pourrons débattre de ces sujets avec vous et vos collaborateurs, et ainsi vous apporter toutes les informations utiles. Nous nous permettrons donc de contacter à cet effet votre secrétariat, pour convenir ensemble des dates et modalités de cette rencontre.




Laurent de Gaulle
Président de l’association Culture Papier

lundi 4 octobre 2010

Du bon usage d'un pantone...

Ou de plusieurs ...

Le terme pantone vient de Pantone Matching System.
Son idée était de permettre par la combinaison de neuf couleurs de base d'obtenir des teintes qui n'existent pas dans la gamme quadri de base.
L'exemple de base : il est très compliqué de réaliser un joli orange fluorescent avec un bête cmjn.
Ainsi, on peut obtenir un pantone de 2 façons : ou bien on achète le pot de la couleur qui va bien, ou on la fabrique grâce aux dosages prescrits par la gamme Pantone.

De là, plusieurs usages courants sont apparus :

1 - Fixer une charte constante (non tributaire des aléas des mélanges eau/alcool, d'une éventuelle mauvaise charge d'encre, etc.) pour des documents récurrents. Cette méthode est particulièrement indiquée dans le cas des papeteries de ville : cartes de visites, têtes de lettre, cartes de correspondance ; surtout si l'on est amené à traiter les dits documents chez plusieurs imprimeurs.

2 - Traiter des couleurs que l'on ne pourrait pas obtenir autrement : un placard quelconque avec un joli doré....

3 - Réduire les coûts : il est souvent moins couteux de tirer un document en une couleur qu'en quadri. Pourquoi-pensiez vous que les affiches politiques étaient souvent en mono couleur ? ;)

4 - Apporter un plus esthétique à un imprimé avec l'adjonction d'une couleur supplémentaire (souvent une couleur très éloignée d'une gamme quadri, comme une couleur métallique ou fluorescente)

MAIS, car il y en a toujours un, plusieurs dérives sont apparues dans le même temps.

Avenir Numérique récupère souvent des réalisations traitées en pantone par des graphistes en lieu et place des quadris.
En effet, le graphiste en question, c'est-à-dire souvent toi ami lecteur, ne sachant pas comment trouver la teinte qu'il recherche traite son document en pantone. Le problème c'est que derrière l'imprimeur doit reconvertir le fichier en cmjn. Hors par définition, moins on bidouille un fichier, plus on limite les risques d'erreurs.

L'appréhension de la teinte doit rester modeste. En effet, même avec un pantone, on aura une tolérance dans la couleur. Ainsi en fonction de la trame éventuelle, du taux de mouillage, de la couleur du papier, etc. la couleur peut ne pas être exactement la même que celle du nuancier.

Enfin : dernier petit rappel, on ne peut pas faire de pantone en numérique ! ;)